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La Wanax de Yunara marchait aux côtés du Wanax d’Ereb vers le Bergbeltian. Le chemin montait lentement à travers une terre ancienne, faite de roches pâles et de végétations silencieuses qui semblaient connaître depuis longtemps les histoires du monde. Le vent passait dans les herbes et les arbres rares se penchaient doucement comme pour observer le passage des deux souverains. Ils avançaient sans parler, leurs pas suivant le même rythme, mais malgré ce silence quelque chose était inhabituel. La Wanax ne voulait pas lâcher la main du Wanax. Ses doigts restaient fermement serrés autour des siens, comme si ce geste simple possédait une signification plus profonde que ce qu’elle voulait montrer.
Le Wanax, lui, sentait cette main serrée contre la sienne et se demandait ce qui avait bien pu se passer pour qu’elle agisse ainsi depuis leur départ. Il se souvenait de la manière dont elle marchait habituellement, toujours digne et distante, et cette proximité nouvelle le surprenait. Pourtant il n’osait pas retirer sa main. Il avait l’impression que ce moment était fragile, comme une chose que l’on ne devait pas briser par un geste maladroit. Le temps s’étirait tandis qu’ils continuaient leur marche, et le silence entre eux n’était pas lourd ; il ressemblait plutôt à un espace où leurs pensées pouvaient se croiser sans être prononcées.
Finalement le Wanax rompit le silence.
— Nous devrions prendre un moment pour nous arrêter dit il.
Elle tourna la tête vers lui, le regard chargé d’une incompréhension douce, comme si elle sortait d’une pensée plus profonde.
— Simplement noble dame si nous nous arrêtons pas je ne pourrais pas demander d’aller rapidement vers les Delium et non plus voir nos compères ajouta il.
La Wanax rougit légèrement et prit un moment avant de répondre. Ses yeux se posèrent sur leurs mains jointes comme si elle réalisait seulement à cet instant qu’elle ne l’avait pas lâchée depuis longtemps. Pendant ce silence, le Wanax pensa qu’il pourrait appeler une divinité afin de l’aider à comprendre ce qui se passait entre eux. Peut-être qu’un regard des Deilun lui permettrait de voir plus clairement ce qui échappait à sa compréhension.
Mais au moment même où cette pensée naissait en lui, la Wanax leva les yeux vers lui. Son regard montrait un refus si clair qu’il le ressentit immédiatement, comme si sa volonté avait traversé l’air entre eux. Avant même d’avoir pu appeler quelqu’un, il se tut.
C’est alors qu’un événement inattendu se produisit.
Le Soleil et la Lune apparurent ensemble dans le ciel. Leur présence donnait au monde une lumière étrange, comme si deux puissances anciennes avaient décidé d’observer la scène. Le Wanax resta un instant interloqué devant cette apparition, tandis que la Wanax demeurait silencieuse, mais son regard exprimait quelque chose de très différent, un mélange de surprise et d’agacement discret.
Le Soleil s’adressa au Wanax d’Erebdeilia, tandis que la Lune se tourna vers la Wanax de Yunara.
— On peut vous voir quand même il n’est pas interdit de le faire dit lune à la wanax de yunara qui elle avait un air déçu de ne pas être seul avec le wanax.
La Deilun Lune lui proposa alors de marcher un moment avec elle. Le Wanax d’Erebdeilia regarda la scène avec un air en partie interloqué tout en parlant avec la Deilun sovel, tandis que la Wanax s’éloignait avec selene.
Elles marchèrent pendant un petit moment à travers une partie du paysage où la lumière semblait plus douce. La Deilun Lune apparaissait comme une beauté presque irréelle. Elle flottait légèrement au-dessus du sol, comme si la gravité du monde n’avait que peu d’effet sur elle. Ses vêtements, ses yeux et ses cheveux étaient gris comme l’astre qu’elle représentait, mais de fines noirceurs parcouraient sa chevelure, semblables à la poussière qui recouvre la surface lunaire.
— Que voulez vous deilun ? demanda la wanax.
— Swapnamsar dit la Deilun.
La Wanax appela alors :
— Shembi.
À ces mots l’air sembla se troubler légèrement. Des particules invisibles du monde se rassemblèrent lentement pour former l’image d’une jeune fille faite de lumière et de poussière. Elle apparut avec un air presque joueur, mais son expression montrait aussi une légère impatience d’avoir été appelée de cette manière.
— Que voulez vous dame de yunara ? demanda shembi.
La Wanax se tourna vers la Deilun, et celle-ci posa une question simple.
— Que sens tu ?
La réponse de Shembi fut surprenante.
— Ce monde est ampli de Wel Anki d’ailleurs c’est la raison pour laque le wanax fait sa cité ici.
Elle se tut un instant comme si elle écoutait quelque chose que les autres ne pouvaient pas entendre. Son regard se leva vers les terres qui s’étendaient au loin.
La Deilun ajouta alors calmement :
— Mais il y à autre chose ici quelque chose de plus puissant.
Shembi acquiesça lentement.
— Vous le savez vous aussi ainsi que les autres deilun c’est la volonté de la Izi-Yong (flamme sacré) qui agit personne ne peut voir la fin du plan de la Wel Anki à part la Ningal Deiwitengrila.
La Wanax resta un moment sous le choc. Elle comprenait maintenant que l’endroit où elle se trouvait n’était pas simplement un territoire parmi d’autres. La région s’étendait sur une vaste terre, et elle sentait désormais que quelque chose d’immense s’y préparait.
Peu à peu l’importance de cette région lui apparut avec une clarté nouvelle. Elle imagina les peuples qui vivraient ici et elle les vit comme les gardiens sacrés du Wel Anki, des hommes et des femmes capables de mourir plutôt que de trahir leur devoir. Elle comprit que ces peuples protégeraient non seulement leur cité, mais aussi l’équilibre du monde lui-même.
Elle comprit alors pourquoi la Deilun l’avait menée en cet endroit.
Dans ce silence chargé de sens, la Wanax tendit doucement la main. Un être semblable à ce qu’elle avait été autrefois apparut alors devant elle. La silhouette posa sa main sur la sienne avec douceur, comme pour lui dire qu’elle comprenait désormais ce qui devait être fait. Après un instant, la vision se dissipa comme une brume qui retourne au vent.
Lorsque la Wanax revint auprès du Wanax d’Erebdeilia, la Deilum de Savel se tenait déjà près de lui. Elle s’adressa alors à Tengaros, qui l’écoutait avec attention.
La Deilun prit la main de Tengaros et lui parla avec une gravité calme.
— Sachez noble wanax que il faudra être fort pour l’avenir car venant de votre lignée les espoirs et les rève de tout Neankitengri. Même si vous doutez nous seront toujours avec vous car vous le dites vous même vous êtes nos dumu.
Comprendre le monde à sa racine entre éclats d’histoire, failles stratégiques, mémoires tues et formes vivantes de culture.
Une traversée des siècles pour retrouver ce qui, dans le tumulte, nous tient encore debout.
Voir au-delà des discours là où se forment les véritables structures du pouvoir.
Revenir aux lignes de fracture pour comprendre ce que le passé laisse en héritage.
Entrer dans un monde en construction un espace où les récits se tissent.
Suivre les lignes de force de l’imaginaire entre arts, formes, symboles et récits.